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Analyse

4 mois sans basket, et après ?

Une si longue pause laisse forcément des traces. Quelques matchs pour se préparer car en playoffs, il n’y aura pas d’excuse.

NBA

L’attente a été extrêmement longue, trop longue. La reprise officielle de la NBA est pour bientôt. Mais quelle reprise ? À quoi peut-on s’attendre ? Des équipes en mode mineur, des blessures à gogos ? Ou alors des stars en pleine possession de leurs moyens et un jeu ultra physique produits par des équipes reposées et requinquées ? Surprise.

La première partie de cette saison si particulière s’est arrêtée le soir du 11 mars. Un des derniers matchs que la sphère basket a eu à se mettre sous la dent n’en était pas vraiment un. Quarante-huit minutes entre Joel Embiid et Christian Wood pour une victoire finale de l’équipe du premier cité. Le score est et restera anecdotique. C’était donc ça le basketball du passé.

Cette époque semble lointaine, quasiment révolue. Quand les Sixers fouleront le parquet du « ESPN Wide World of Sports Complex » dans la bulle d’Orlando le 1er août, ça fera exactement quatre mois et vingt-et-un jours qu’ils n’auront plus disputé un match officiel. Il n’y a pas d’erreur, quatre mois et vingt-et-un jours !

143 jours sans jouer, ça fait long !

Afin de donner un ordre d’idée, 143 jours sans jouer, c’est à peine 21 jours de moins que l’écart entre la fin de saison 2018-2019 – la malheureuse défaite au match 7 à Toronto – et le début officiel de la suivante. L’interruption due au coronavirus ressemble donc à une intersaison complète.

Les 22 équipes reprenant la saison ne se lancent tout de même pas au combat sans préparation. Un training camp ainsi que trois scrimmages étaient au programme pour chaque franchise. Le training camp a lui été surement très utile. Il devait y avoir des tonnes de choses à mettre ou remettre en place et les joueurs avaient évidemment du pain sur la planche, tant physiquement que mentalement. Être prêt à joueur un basket de haut niveau, ce n’est pas de tout repos. Concernant les scrimmages, la valeur de ce type de match est parfois quasi-inexistante et sert juste à faire tourner un effectif.  Ce fut d’ailleurs le parti choisi par Brett Brown qui n’a pas utilisé les starters durant les quatrièmes quarts-temps et a accordé du temps de jeu à l’équipe complète. Il est évident que ça ne sera plus le cas dès le premier match officiel face aux Pacers.

Les scrimmages et leurs rotations parfois particulières.

La saison comme préparation aux playoffs ?

Le nerf de la guerre, se sera la suite : 8 matchs de saison régulière et les playoffs. C’est rapide et ça promet d’être intense.

Si une réelle préparation existe, ce sera alors ces matchs avant les playoffs. Néanmoins, pas pour tout le monde. Pour certaines équipes, ces premiers duels auront une importance capitale en termes de matchs-up. Même si l’avantage du terrain sera presque inutile lors de ces playoffs, il vaut parfois mieux terminer à une position qui vous offre une série peut-être plus abordable. Mais pour d’autres, ces 8 matchs seront de la préparation afin d’arriver à pleine vitesse pour les matchs qui comptent. C’est surement comme ça que va être abordée la fin de saison par les Sixers. Il y a encore des tas de choses à mettre en place (nouveau cinq de base, utilisation de Simmons en point-forward, apport de Al Horford et du banc, temps de jeu à répartir, …).

8 matchs pour retrouver du rythme et son basket.

Mais après autant de temps sans jouer, quelle sera la qualité basketballistique ?

Sur une saison qui compte beaucoup de matchs comme le propose normalement le calendrier NBA, moins de dix c’est peu, fort peu. Pour avoir une idée de ce qu’il va se passer lors de ces premiers matchs, il est intéressant de découper les saisons précédentes et de comparer les statistiques avancées.

On met dedans après autant de temps sans jouer ?

Méthodologie simple : pour les cinq dernières saisons, découpage de celles-ci en deux blocs avec 8 premiers matchs d’un côté et les 74 suivants de l’autre (exception évidemment faite pour la saison en cours qui ne comportera exceptionnellement pas 82 matchs). La même statistique issue de nba.com est donc chaque fois comparée.

Comparaison de statistiques offensives début/reste de la saison (1).

On était en droit de s’y attendre et c’est une des premières choses qui sautent aux yeux. En effet, la réussite aux tirs (EFG% et TS%) est en chute libre en début de saison (en rouge car inférieur à la même statistique en vert pour la deuxième partie de saison). Pas étonnant quand on sait à quel point le shoot extérieur est par exemple basé sur la mémoire musculaire. Sans jouer, on perd ses habitudes, ses repères. S’il y a bien un secteur de jeu qui en pâtit, c’est l’attaque. Sur les 5 dernières saisons, ce n’est jamais arrivé que l’OFFRTG soit meilleur qu’en début de saison. Même avec des joueurs comme J.J. Redick au sein de l’équipe, c’est dire. Une telle régularité et une telle différence sont même étonnantes.

La défense, elle, n’est pas toujours mauvaise tôt dans l’année. Une hypothèse intéressante serait de considérer l’effort. On remarque toujours des joueurs concentrés, des bancs animés et une envie folle lors des premières batailles. Il se peut aussi que ce côté du terrain soit moins soumis à une affaire de réglages et de rythme.

Alors on joue moins bien ?

Comparaison de statistiques offensives début/reste de la saison (2).

Comme une évidence, la statistique assist/perte de balle est bien meilleure en fin de campagne. De façon encore plus marquée, on remarque la même chose pour le niveau assist/ratio. Les paniers sont plus issus d’efforts individuels que du collectif flamboyant. Avec un paquet de matchs dans les jambes, les connexions sont établies et les joueurs se connaissent sur le bout des doigts. Moins de fioritures, moins de gâchis.

Pour dernière information, le PIE est une valeur qui définit ce qu’une équipe (ou un joueur) a réalisé sur le terrain. Plus elle est haute, plus elle est bonne. C’est donc ici une sorte d’indicateur fourre-tout qui nous fait prendre conscience que sur les dernières années, les débuts de saison sont souvent moins bons que la suite. Exception faite de ce beau début d’année que les Sixers ont connu. Cinq belles victoires et une fin de match incroyable contre Portland, terminée par un shoot hallucinant de Furkan Korkmaz.

Si une conclusion s’impose, c’est bien qu’il ne faudra pas tirer des plans sur la comète de cette fin de saison régulière 2019-2020.

Souvenir d’un début de saison presque parfait !

Des matchs tout de même ô combien importants !

Attention à ne pas tout minimiser. Le but n’était pas de prouver que les affrontements qui vont avoir lieu avant les playoffs ne servent à rien. Simplement qu’il va falloir garder à l’esprit que les joueurs comme les équipes ne sont et ne seront pas encore prêts tout de suite.

Maintenant, il est importantissime d’aborder cette période avec le plus de sérieux possible car pour ceux qui veulent atteindre le bout du tunnel, le ticket est à prendre au péage maintenant.

C’est encore plus le cas pour les équipes qui pouvaient avoir des doutes après les 57 matchs initiaux. Des équipes peut-être loin de leurs objectifs initiaux ou n’ayant pas trouvé la bonne alchimie. Ah, ça vous fait penser à une équipe ?!

Même s’il faudra donc rester les pieds sur terre, on a hâte ! Rendez-vous dans la nuit de samedi à dimanche pour ce premier affrontement face à Indiana. On a hâte !

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