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NBA Draft

Profil de Draft n°10 : Mason Jones

Profil de Draft n°10 consacré à Mason Jones, guard chez les Razorback d’Arkansas.

 

22 ans
197cm – 93kg
Guard
Junior
Arkansas Razorback

Pour ne rien vous cacher, c’est en allant scouter Isaiah Joe il y a quelques mois que je l’ai vraiment découvert. Même si j’avais entendu parler de lui lors de sa 1ère saison chez les Razorbacks pour avoir fait quelques cartons offensifs (30 points face à Florida et Mississipi State), je n’avais aucune idée du joueur qu’il était avant de m’y intéresser de plus près.

Alors que tout le monde devinait l’éclosion et l’envol de son son compère de l’attaque au sein de la fac d’Arkansas, Mason Jones s’est révélé au grand public par sa qualité d’attaquant et de scorer. 

Pour celui qui est originaire de DeSoto au Texas, tout n’a pas été simple et commence en 2017/2018 en Junior College au sein de Connors State. Lycéen « inconnu » et non classé, celui qui est passé de 122 kg à 90 kg en quelques années, n’a reçu que des offres de fac de secondes zones et de JuCo. Mais son excellente saison chez les Cowboys, lui a permis d’obtenir à l’issue et immédiatement des offres de NCAA1 dont celle d’Arkansas et son ex-coach NBA Eric Musselman.

C’est évidemment ce parcours sinueux et compliqué, qui ont forgés son basket et le caractère de ce late bloomer, qui a su s’en sortir grâce à une éthique de travail loué par tous et un caractère de leader façonné par les épreuves.

En perpétuelle progression malgré ses 22ans, le texan fait office de steal dans cette draft qui manque cruellement de QI, de techniques et de qualités basket.

Un attaquant ultra complet.

Alors que les yeux étaient tous rivés vers Isaiah Joe, que ce soit par les observateurs mais aussi les défenses de la Conférence SEC, c’est finalement lui qui a pris les clefs du camion Arkansas.

Ce qui a fait sa force et rend ce joueur si particulier, c’est bien évidemment,  son profil de menace offensive élite, magnifiquement mis en valeur par sa versatilité, que ce soit avec ou sans le ballon.

En 2019/2020, il était tout simplement le meilleur scoreur de sa conférence avec + de 22pts/match alors qu’il n’en mettait que 13 la saison précédente. 

 

Excellent attaquant en 1vs1, Mason Jones propose une palette et une variété de mouvement dont peu de joueurs en NCAA peuvent se vanter.

Une de ses forces réside dans sa capacité à driver et finir près du cercle (+ de 75% de réussite!), que ce soit en transition (22% de ses situations pour 1,308 pts/possession) ou bien sur situation d’isolation (15% pour 0,989pts/possession).
Par sa technique et son QI, il trouve toujours des angles empêchant le défenseur d’intervenir et de se frayer un chemin jusqu’au panier. Mais surtout, il a une maîtrise parfaite de son corps qui lui permet de rester équilibré et lucide au moment de finir ses actions. Constat particulièrement vrai, lorsque en situation d’isolation il doit attaquer des défenseurs bien mieux bati physiquement (comme Isaac Okoro l’ailier d’Auburn où encore le frenchie de Tennessee, Yves Pons) et où son intelligence et sa ruse font des merveilles et permettent de compenser son manque d’explosivité.

 

 

Sa faculté à chercher des fautes et aller sur la ligne des lancers francs (jusqu’à 21 LFs le 15 février dernier face à Mississippi State) renforce encore un peu plus cette analyse (9.1 lancers francs/match à 83% de réussite).

Celui qui était classé cette saison #1 de la SEC et de la NCAA aux nombres de lancers francs obtenues et réussis, (233 record de sa fac sur 282) possède de vrais statistiques Hardenesque dans le domaine (23% de rating !), qui poussent largement à considérer sa candidature pour cette draft et qui font de lui un vrai potentiel au poste d’arrière.

 

Particulièrement prisé des scouts NBA, sa facilité à se créer son shoot étonnent, malgré des prédispositions athlétiques quelconques (mais on y reviendra plus tard).

Pour cela, il compense cette carence par énormément de technique : handle, skills, footwork, hésitations et surtout du QI qui lui permettent sans beaucoup de vitesse de créer de la séparation et des écarts avec son défenseur.

Si Mason Jones a autant de facilité en 1vs1, c’est qu’il peut profiter, en complément de ses qualités de driver, d’un solide shoot.

Sa mécanique est fluide, rapide avec une belle courbe quand le ballon sort de ses mains ce qui lui permet facilement de dégainer sur Pick and Roll, quand le défenseur passe sous l’écran ou lorsqu’il a créée pour lui meme en isolation.

C’est un vrai shooter, avec près de 570 tirs à 3pts tentés en trois saisons universitaires et une adresse en carrière de 38% qui peut etre considéré comme convaincante aux vues de la typologie des 6 tirs/match pris par Mason Jones (toujours contesté, step back 3’s, deep range etc…) . 

 

Plutôt utilisé en fin de chaîne en spot-up lors de son année 1 en Arkansas, Mason Jones a développé un panel de skills shoot (turnaround jumper sur long 2pts, step back 3s, etc…) particulièrement intéressante et dont il aura besoin dans la grande ligue pour se frayer un chemin dans une rotation NBA.

Son âme de leader et sa confiance en lui et en son shoot se sont parfaitement illustrés lors des matchs importants et dans le money time car c’est lui systématiquement qui a pris le ballon dans les moments chauds. Preuve qu’après son parcours riche, il ne doute jamais et ne refusera aucun shoot.

Très à l’aise ballon en main, Mason Jones peut être également positif sans le ballon. Il est bon sur catch and shoot (surtout si on se réfère à ses stats sophomore 36% vs 32% cette saison) et peut même exceller sur Pick and Pop comme il le faisait avec son compère Isaiah Joe par intermittence. (Cf Scouting Isaiah Joe ).

Mais alors, qu’est ce qui cloche ?

Tout d’abord et comme évoqué plus haut, le frère de Matt Jones (l’ancien disciple de coach K à Duke), souffre sans conteste d’un manque de qualités athlétiques. Il n’est pas rapide, pas explosif, ne saute pas haut, et a du mal au fil du match de répéter certains efforts. Et c’est bien là ou le bas blesse car dans une NBA faisant la part belle aux phénomènes physiques, il risque d’etre systématiquement ciblé et si il ne progresse pas il aura également + de mal à finir ses actions. 

Ce n’est pour autant pas un mauvais défenseur, ou un poids mort pour une équipe de ce coté du terrain.

Il lit d’ailleurs très bien les lignes de passes, en témoigne son nombres d’interceptions (1,6/matchs), mais il doit faire attention à ne pas trop anticiper, car il se fait souvent prendre à son propre jeu. 

 

Mais Mason Jones donne parfois l’impression d’avoir tellement envie de bien faire et d’énergie, qu’il se laisse embarquer facilement sur les feintes. Il doit rester lucide et concentré, comme lorsqu’il s’applique à utliser son QI basket au service de la défense d’équipe.

Autre point sur lequel le leader des Hogs doit progresser, c’est sur sa capacité à mieux gérer le ballon et le jeu de son équipe. Avec les responsabilités grandissantes  (31,6% d’usage en 2019/20) ses statistiques à la passe se sont écroulés avec un ratio passes décisives/pertes de balles médiocre de 0,2 alors qu’il était de 1 en année sophomore.
Il est, néanmoins, capable de créer pour les autres mais que sur certaines séquences. Preuve qu’il peut initier proprement, durant sa 1ère saison au sein des Razorbacks, en 35min face à Indiana le 18/11 2018, il distribuera 7 assists sans perdre un ballon battant par la même occasion un record de sa fac depuis 2012.

Enfin la reconnaissance ?

Prospect largement sous estimé (très peu présent dans les Mock Draft), Mason Jones a, de par sa polyvalence dans le jeu, pu démontrer l’étendu de ses capacités de basketteur.

Un guard offensivement très à l’aise présentant un profil complet et qui était notamment, le seul joueur de la Conférence SEC classé dans le TOP 20 dans 4 statistiques différentes que ce soit au scoring (#1), aux rebonds (#20), aux passes (#10), en interceptions (#6).

Les difficultés de son parcours, ont construit un joueur intelligent, doté d’un excellent état d’esprit et d’une belle work ethic qui contrairement à d’autres prospects n’aura pas de problème à se battre pour une place dans un roster.

Meme si il s’agit d’un avis totalement subjectif, celui que la presse a désigné comme co-player of the year de la conférence SEC avec Reggie Perry, mérite amplement que son nom soit appelé par Mark Tatum à l’issue du 2nd tour le 18 Novembre prochain. 

A l’heure ou le Front Office de la franchise recherche de la création et des joueurs capable d’initier en attaque, Mason Jones correspond parfaitement à ce qui pourrait aider la 2nd unit des Sixers, en particulier à travers sa capacité à créer son propre shoot ou de contribuer au spacing de l’équipe.

Welcome Mason ?

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